Extrait gratuit – Typologie du mouvement vert québécois

Le Jour de la Terre est un show de boucane verte. La vraie lutte pour le territoire québécois a lieu tous les jours de l’année, menée par quelque 300 groupes écologistes, environnementalistes et écocitoyens. Le mouvement vert est complexe. Cette typologie, maintenant disponible au grand public, propose un cadre pour s’y retrouver.

Cet extrait du 3e chapitre de La lutte pour le territoire québécois est partagée grâce à Éditions XYZ.

Téléchargez la typologie du mouvement vert gratuitement

 

 

Un printemps et des nouvelles

Plutôt silencieux ces derniers mois, après tout le travail relié à La lutte pour le territoire québécois. J’avoue que j’ai eu le moral sapé par la peste noire. Le reste de mon temps libre est allé principalement à rafistoler cette vieille maison. Reste que ces carnets vides m’angoissent, pour la première fois en 20 ans de parcours, je suis sans projet littéraire. Des raisons, il y en a plusieurs – structurelles, culturelles, économiques – mais ce n’est pas le manque d’inspiration!

Néanmoins, quatre événements ce printemps:

  • 9 mars – Atelier sur la planification stratégique au RQGE
  • 1er avril – Conférence à l’UQAM sur l’anarchisme vert
  • 20 avril – Conférence sur le mouvement vert au cégep de l’Outaouais pour la Semaine de l’environnement
  • 21 avril – Conférence sur le mouvement vert pour Enviro Vert Plus pour le Jour de la Terre

Malheureusement, ces événements ne seront pas diffusés grand public – s’ils le deviennent, je vous fais signe!

Oh, et un extrait de La lutte pour le territoire québécois sera bientôt distribué librement, les détails à suivre!

Cinq essais québécois pour mieux dire au revoir à 2020

La lutte pour le territoire québécois figure parmis la liste des cinq essais à lire pour dire au revoir à 2020 dans Leslibraires.ca!

« La lutte pour le territoire québécois est paru en mars 2020 aux éditions XYZ, au fort de la première vague de la pandémie. Avec cet ouvrage, Massé, géographe, écologiste et spécialiste des mouvements sociaux, nourrit notre savoir au sujet du mouvement écocitoyen et soigne, d’un même élan, notre écoanxiété. Ses huit propositions nous persuadent qu’il est possible de prendre soin de notre territoire, de s’y reconnecter et, ultimement, de mieux y vivre ensemble. La lecture de cet essai est un véritable baume lorsque l’avenir nous paraît maussade et incertain. »

 

L’environnement, le grand oublié de 2020

Lettre ouverte publiée dans LeDevoir ce matin. La version publiée n’avait pas les liens, voici la version originale.

L’environnement, le grand oublié de 2020

Bruno Massé est géographe et chercheur du mouvement environnemental québécois.

Tandis que l’année 2020 tire à sa fin, la tentation de la fuite vers l’avant se fait sentir comme jamais. Malheureusement, l’espoir de tourner la page sur la pandémie n’écarte pas la crise environnementale, pour laquelle il n’y a pas de vaccin. 

Pourtant, à pareille date l’an dernier, le Québec vibrait encore de la mobilisation monstre pour le climat avec les grèves climatiques et la manifestation historique du 29 septembre, réunissant plus de 600 000 personnes à travers la province. Un effort monumental et grassroots, mené par des citoyens et citoyennes de tous âges, des étudiants et étudiantes et des groupes écologistes communautaires. 

Tragiquement, les mois suivants ont été monopolisés par la crise sanitaire, accaparant toute l’attention. La crise nous a forcé à penser à notre santé avant tout, à notre emploi (si on avait encore un emploi) et à nos proches, bref, à sauver notre peau. Tout d’un coup, il n’était plus question de penser au climat, à la biodiversité ou à l’impact environnemental des masques jetables, comme si c’était superflu. Mais c’est humain, quand tu crains pour ta survie aujourd’hui, tu ne penses pas à demain. 

En même temps, c’est cette logique qui nous condamne, dans un capitalisme avancé, à foncer vitesse grand V dans la catastrophe environnementale. Et nos sociétés industrielles s’avèrent aussi fragiles, par exemple par la facilité avec laquelle la chaîne d’approvisionnement peut être perturbée ou comment le prix des aliments de base affecte certains ménages plus que d’autres. Notre société est profondément inégale, soutenue finalement par des travailleurs et travailleuses précaires, de qui on exige toujours des sacrifices. Comme pour la destruction d’écosystèmes, les perturbations climatiques ou les problèmes de santé environnementale : les riches sont les derniers à souffrir des conséquences. 

En 2020, on aura beaucoup parlé de science, du danger que posent ceux qui refusent d’y croire. Excellent! Mais le mouvement environnemental québécois, qui s’appuie lui aussi sur la science, n’a jamais reçu ce type d’écoute, en 50 ans, ni auprès de l’État québécois – éternel partenaire des compagnies extractives -, ni auprès du secteur privé, qui se contente de se maquiller en vert sans jamais vraiment changer. L’État a préféré répondre aux groupes écologistes avec des coupures et du profilage politique

Qu’importe les rapports d’experts, année après année, le Québec est toujours liés au modèle de croissance infinie, au PIB, la pédale sur l’accélérateur. En revanche, le passage à un “capitalisme vert” que nous proposent Équiterre et l’Alliance SWITCH semble du pareil au même.

Cela n’a pas empêché le gouvernement Legault de présenter un Plan vert édulcoré, qui n’atteint aucune cible. Il n’a pas encore pris position contre le projet GNL, malgré l’avis d’experts et le dépôt d’une pétition de 110 000 signatures. 

Personne, non plus, ne semble avoir réagi lorsque le gouvernement a relancé le Plan Nord – ce cadeau pour l’industrie minière -, ou lorsqu’on apprenait que le ministère des Forêts et de la Faune semble saboter la création d’aires protégées en faveur de l’industrie forestière. 

Business as usual. 

En 2021, cessons de faire les mêmes erreurs. Si on a appris quelque chose de cette gestion de crise, c’est qu’il vaut mieux de prévenir. 

Écoutons la science, même quand elle heurte nos privilèges. 

Écoutons l’empathie, qu’importe nos différences. 

Et surtout, rappelons-nous à quel point 2020 était dégueulasse, parce que c’est peu comparé à la crise perpétuelle que l’on prépare en ignorant l’environnement. À côté du réchauffement planétaire, de l’acidification des océans ou de l’effondrement massif de la biodiversité, la pandémie ne sera qu’une catastrophe parmi tant d’autres. 

***

Bruno Massé est l’auteur de La lutte pour le territoire québécois: entre extractivisme et écocitoyenneté aux Éditions XYZ (2020).

On fait de grands livres au Québec

La lutte pour le territoire québécois s’est subtilement hissée au sommet de la pile dans cet affichage de la campagne « Je lis québécois ». Fruit du hasard? Assurément. Mais pour la forme, on dira que c’est une manifestation inconsciente de l’écoanxiété collective 😛

Conférence en ligne le 9 juin: histoire du mouvement vert au Québec

L’image contient peut-être : 1 personne

Une histoire du mouvement écologiste québécois (1970-2020)
Une conférence (en ligne) de Bruno Massé, M. Sc.

Mardi, 9 juin 2020, 14h00
Sur la page facebook du CAL et de la SHGIJ

Tandis qu’on parle essentiellement du mouvement écologiste en raison de ses revendications et ses coups d’éclat, son histoire est encore largement méconnue. D’où viennent les groupes verts du Québec? Comment les distinguer? Et surtout, comment décrire leur évolution à travers le temps? Dans le cadre de cette conférence, Bruno Massé, activiste et chercheur, offrira un survol du mouvement écologiste québécois des années 1970 à aujourd’hui, en ouvrant sur les défis de la lutte pour une justice sociale et environnementale.

Pour assister à la conférence, visitez simplement notre page facebook à l’heure prévue! Nous y partagerons un lien vidéo.

https://www.facebook.com/events/248897063012915/

En entrevue dans La Presse: réflexion pour un post-COVID-19

En entrevue dans La Presse pour le Jour de la Terre:

Dans un monde post-COVID, le géographe Bruno Massé aimerait que la croissance économique ne soit pas calculée qu’en fonction du produit intérieur brut (PIB), un point soulevé par plusieurs autres intervenants cités dans cet article. « Il faudrait que le calcul tienne compte de l’indice du progrès véritable où des éléments comme l’apport des services communautaires, le travail informel des femmes et l’impact des émissions de gaz à effet de serre sont inclus dans le calcul de ce qu’est l’économie », expose l’auteur de La lutte pour le territoire québécois, un essai paru le 25 mars dernier.

Celui qui a été coordonnateur du Réseau québécois des groupes écologistes de 2010 à 2016 voit dans cette crise la démonstration que des changements structuraux sont possibles, rapidement.

On constate que quand il y a une crise et que l’État la prend au sérieux, on a les moyens par notre État d’amener des changements et de le faire vite et que ce soit efficace.

Il souhaite par ailleurs que la valorisation de la science, qui est observée dans la gestion de la crise sanitaire, soit appliquée à la crise climatique. « Ce serait bien qu’on puisse faire la même chose pour ce qui est des biologistes, des climatologues. Quand on parle de crise climatique, ça repose aussi sur la science. Comment ça se fait qu’on ait tant de misère à accorder du crédit à ces analyses-là ? »

Lien à l’article.