Creuse ton trou

Bruno Massé - Creuse ton trou - couverture*À paraître le 23 août, d’autres infos à suivre*

Notre business, c’est de creuser des trous.

À bord de sa Diamond rugissante, Carl enchaîne les lampées de tord-boyaux et fonce vers Saint-Jude-le-Vaillant. Avec sa bedaine, ses souliers vernis et son Rutger .45, il est plus ou moins d’attaque pour sa mission : retrouver un prospecteur minier porté disparu, convaincre les villageois de céder à sa compagnie le droit de fouiller le sol… puis les saigner à blanc, évidemment.

Même si on l’a envoyé sur une gosse dans ce trou perdu au nord du 50e parallèle, Carl n’en demeure pas moins l’un des meilleurs lobbyistes de la business, et il compte bien faire un dernier coup de cash avant de prendre une retraite dans la ouate. Mais au fur et à mesure qu’il livre son opération de charme, il est enveloppé par l’étrangeté du village, le froid mordant d’octobre et ses propres remords : quelque chose se trame à Saint-Jude-le-Vaillant.

Une critique décapante du système capitaliste sur fond d’aurore boréale et de cour à scrap.

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Diplômé en technologie forestière, en géographie et en pédagogie, Bruno Massé s’implique depuis 2001 dans le mouvement environnemental. Au nom du Réseau québécois des groupes écologistes, il a été membre à la Coalition Québec meilleure mine et du conseil stratégique de l’IRIS. Aujourd’hui professeur de géographie au cégep, il est l’auteur de plusieurs romans engagés, dont M9A. Il ne reste plus que les monstres (Sabotart, 2015), finaliste au prix Jacques-Brossard de la science-fiction et du fantastique en 2015.

Éditions Québec Amérique, collection Latitudes.

Page officielle de Québec Amérique

ISBN
978-2-7644-3401-7
DATE DE PARUTION
0201-08-23
PRIX ET NOMBRE DE PAGES
22,95 $ – 240 p.
DIMENSIONS
5,0 po x 8,5 po

EXTRAIT

Je serre la main, surpris par la force de sa poigne, lui tends une carte d’affaires depuis la poche intérieure de mon veston. Un autre automatisme.
— Inspecteur environnemental ? dit-elle en lisant la carte, vaguement surprise. Vraiment ?
Supercherie. Foutaise.
— Bien sûr, je réponds. L’environnement, c’est important.
— Bien sûr, répète Bridge en écho, sarcastiquement. Y a pas à dire.
Nous filons lentement sur la route principale. Peu à peu, l’esquisse d’un village se dessine, délabré, à travers l’éclaircie dans l’immensité de la forêt noire. Nous émergeons de peine et de misère dans quelque chose, un lieu, la cicatrice d’un village oublié de tous.
Quelques détails se révèlent çà et là : une grange semi-effondrée dans un champ d’herbes jaunes, une laveuse rouillée abandonnée dans un fossé, les rameaux tordus d’aulnes près d’un ruisseau anémique. Octobre accompagne la déchéance du village avec sa touche funèbre – il n’y a pas de vie et pourquoi y en aurait-il de toute façon ?
Quel trou de bécosse !