Des nouvelles de La lutte pour le territoire québécois!

La lutte pour le territoire québécois paraîtra aux environs de la mi-mars (date à confirmer).

Voici quelques informations!

D’abord, le plus évident: « Tu ne viens pas de sortir un livre? » Pas pour m’envoyer des fleurs mais pour éviter la confusion (j’aime pas la confusion!) – oui, le rose-doré BUZZKILL vient à peine de paraître mais La lutte est un projet complètement différent: ce n’est pas de la fiction mais bien un essai qui tire de mes recherches académiques sur le mouvement environnemental, mon expérience d’activiste (notamment au RQGE) et une appréciation critique du développement durable au Québec. Dans le monde de l’édition, les calendriers de production se chevauchent parfois et considérant l’actualité brûlante du sujet, vaut mieux pas attendre! Comme dans, right, fucking now!

Parlons un peu du contenu: c’est un monstre de livre! Normalement, un essai se doit d’être succinct, voire en surface – ce qui n’est pas nécessairement une mauvaise chose, surtout quand on cherche à se familiariser sur un nouveau sujet. Mais dans ce cas-ci, il est devenu rapidement évident que faire le portrait du mouvement environnemental québécois et la critique structurelle du développement durable se méritent une pléthore de nuances et petits détails, d’abord parce que c’est assez nouveau comme contribution mais aussi parce que ce genre d’arguments doivent être explorés au-delà des personnes impliquées. Remarquez, je n’ai pas de problème à effleurer quelques égos au passage – et plusieurs groupes se réjouiront certainement que j’expose des injustices qui perdurent depuis des années, loin des caméras – mais l’objectif reste quand même de faire avancer le débat sur le fond.

Puis hey, pada-boom-zwiz, c’est drôle quand même – je vous rassure, ceux et celles qui m’ont déjà lu reconnaîtront ma plume de corneille, même avec une rigueur scientifique juste une coche en-dessous d’un mémoire de maîtrise – on s’amuse quand même! Qui l’eut cru?

Alors bref, on parle d’un an de rédaction acharnée, à coups de soirées, fin de semaines et nuits trop courtes, 65 000 mots (en comparaison, à peu près 20 000 de plus que BUZZKILL) et 350+ références. Soulignons aussi que plusieurs dizaines de personnes m’ont donné un coup de main, d’une façon ou d’une autre, pour cet ouvrage spécifiquement mais aussi par le passé lors d’autres études. Sans parler de l’excellente équipe de XYZ éditeur, qui n’a été que merveilleuse, aidante et compréhensive dans cette aventure.

Voici les grands chapitres:

  • Chapitre 1. L’extractivisme au Québec
  • Chapitre 2. Le mouvement écocitoyen
  • Chapitre 3. Le développement durable contre l’environnement
  • Chapitre 4. Pour un nouveau rapport au territoire québécois: huit propositions

Tandis que le chapitre 1 met la table en expliquant l’histoire de l’extractivisme au Québec et l’état des lieux, le chapitre 2 présente un portrait (typologie) du mouvement environnemental, écologiste et citoyen du Québec – un exercice qui n’a pas été fait depuis les années 1980! Ce sera certainement une référence en la matière et j’en suis particulièrement fier. Ensuite, le chapitre 3 est davantage polémique puisqu’il présente une critique structurelle du développement durable, non seulement de façon théorique mais surtout dans la façon dont le concept a été intégré au Québec et les effets néfastes qu’il a eu sur la protection de l’environnement. Tout en respectant les bonnes intentions des gens qui y croient toujours, on relève toutefois plusieurs événements où l’environnementalisme corporatif a nuis aux luttes locales pour la justice environnemenale et sociale. Enfin, le chapitre 4 présente huit propositions inspirées de la géographie pour développer un meilleur rapport avec le territoire du Québec. Mes solutions sont certainement ambitieuses, et tant mieux: on a besoin d’audace si on veut protéger l’environnement et les communautés!

Voilà donc! Pour l’occasion, je dévoilerai une série de capsules vidéos (d’où la photo de tournage ci-haut!) pour aborder certains des sujets que contient l’essai. 

Et enfin, le lancement sera à Montréal, avec tambours et trombettes, la date exacte à être dévoilée sous peu.

D’autres infos à suivre sur la page du livre.

En avant!

 

BUZZKILL parmis les 10 livres de l’année 2019

BUZZKILL figure parmis les 10 livres de l’année 2019 selon le journal le Soleil! La liste du groupe Capitale Médias commence avec notre brûlot rose-doré, qu’elle décrit ainsi:

Les univers dystopiques ont tenu le haut du pavé littéraire en 2019. Avec BUZZKILL, Bruno Massé plonge dans un futur vraiment pas si lointain, juste un peu décalé de notre réalité, où trois jeunes adultes, le téléphone vissé à leur main, tentent de faire leur place au soleil pendant que la colère gronde dans les rues. Une lente descente aux enfers un brin psychédélique, juste assez grinçante (Isabelle Houde).

Considérant la grande quantité – et la grande qualité – de romans parus en 2019, c’est tout un honneur! Il faut le dire, j’ai toujours été plutôt en marge: si j’avais une marque de commerce, ce serait bien celle-là! Je suis touché, mes romans incendiaires ne se sont jamais pointés dans un top de quoi que ce soit, mais je retiens surtout l’intérêt marqué pour le thème de l’indifférence face à la crise environnementale, qui est au coeur de ma démarche.

Lire la liste.

 

 

Entrevue dans Le Devoir

Pour Massé, aussi géographe et militant, l’effervescence actuelle autour des fictions d’anticipation serait une nouvelle preuve que, comme l’observait le critique littéraire américain Fredric Jameson, « il est plus facile de penser la fin du monde que la fin du capitalisme ». Lire la suite.

 

Signataire – Rupture définitive de Steven Guilbeault avec le mouvement écologiste

[Un des 8 signataires de cette lettre.] L’urgence climatique n’échappe à personne de raisonnable et de responsable. Il y a un an, l’écologiste vedette Nicolas Hulot démissionnait du gouvernement Macron, incapable d’y exercer une influence significative dans le combat pour le climat. Il justifiait sa décision ainsi : « Je ne veux plus me mentir ».

C’est ce même devoir de vérité devant l’urgence climatique qui nous pousse à écrire aujourd’hui pour mettre les Canadiens et Canadiennes en garde contre les promesses des « voies ensoleillées » du Parti Libéral du Canada et contre le maquillage vert auquel se livre Steven Guilbeault qui se présente comme candidat dans Laurier—Sainte-Marie, une des circonscriptions les plus progressistes au Québec. Lire la suite.

 

Entrevue: Cinq questions pour comprendre Extinction Rebellion

(mis à jour le 12 octobre)

Entrevue à Radio-Canada pour comprendre Extincton Rebellion.

Malheureusement, j’ai dû demander une correction après avoir été mal cité et cet article représente bien mal ce que j’ai communiqué.

J’ai tenté d’amener un éclairage sur un sujet complexe. En tant que chercheur on amène toujours des nuances et des termes précis et ça ne percole pas toujours bien à travers un article. Pour préciser suite à l’imbroglio, je n’ai rien contre Greenpeace, j’ai même représenté le groupe au RQGE et ait fait mon devoir de déconstruire les mauvaises conceptions à son propos lors de mes conférences et activités. Toutefois, il est vrai que les sujets de mes entrevues au sujet de l’écologie radicale au Québec (2001-2010) percevaient l’organisation comme inefficace, complaisante et trop proche du pouvoir. Dans l’ensemble, l’argument est que, s’il y a des groupes qui prennent des moyens plus directs dans leur activisme, cela vient d’une insatisfaction des grandes organisations environnementales. Ce fait sert à comprendre une partie d’un mouvement social, ce qui est toujours complexe. Parce que mon objectif est bien de comprendre le mouvement environnemental et citoyen. En ce sens, une personne pourrait ne pas être d’accord avec mon analyse, ou être en mesure de fournir de nouvelles données, et si on peut démontrer que j’ai tord, ou que j’ai fais erreur, je serais le premier à accueillir la critique et à me corriger. 

Alors simplement pour éviter les malentendus: le Greenpeace des années 2000 est différent du Greenpeace post-Entente historique sur la forêt boréale (2010). Cette entente a été enterrée et l’organisation a même dû se défendre en cour pour faire valoir sa dissention. La journaliste était surprise d’apprendre que l’écologie radicale au Québec remontait à plus loin que l’an dernier (!) et j’ai tenté d’expliquer davantage ses origines. Mon erreur était probablement d’essayer d’expliquer un phénomène complexe au sein d’une entrevue qui ne portait d’ailleurs pas sur Greenpeace, et je déplore que les explications que j’ai tenté d’apporter à une journaliste qui connaissait peu le sujet ait servit à l’avant-plan, sans les nuances nécessaires.

Bref, le regain majeur d’intérêt des médias pour les enjeux environnementaux est certes à louer, mais il faudra peut-être attendre un peu avant d’avoir une couverture plus fine.

Mais je ne suis pas d’accord avec les gens qui croient que ça ne sert à rien de regarder derrière pour mieux comprendre notre mouvement. Cela nous permet entre autres, de féliciter les avancées et dans ce cas-là, l’évolution de Greenpeace est à souligner. Dans tous les cas, je suis navré pour la confusion et reste, comme toujours, solidaire avec toutes les personnes qui luttent pour l’intégrité du territoire et des communautés, pour la justice sociale et environnementale.

Enfin, notez que mon prochain livre portera sur le mouvement environnemental et citoyen du Québec et qu’il permettra autant de nuances et de précisions que le sujet le mérite.

 

Buzzkill et ses personnages: critique de Umzidiu Meiktok de FierFête

Il semble bien que Bruno Massé, l’auteur de Buzzkill, paru récemment chez Québec Amérique, se soit pris d’affection pour les méchant-e-s. Ses deux romans précédents s’intéressaient d’assez près à des anti-héros au caractère assez détestable: dans M9A, il donnait beaucoup d’espace à une policière impitoyable et dans Creuse ton trou, c’était à un lobbyiste perdu dans une petite communauté du Nord qu’il s’intéressait le plus. Les deux romans laissaient toutefois espérer une sorte de rédemption, un changement brutal de perspectives. Lire la suite.